Salma Jaouad a lancé Mojaya à 23 ans pour répondre à un besoin concret : des soins capillaires pensés pour les cheveux texturés, formulés et testés par elle-même après plusieurs années d’expérimentation et d’observation. Son parcours combine autodidaxie, essais maison avec ingrédients naturels, puis recherche de financements et d’accompagnements institutionnels pour passer de prototypes locaux à une production commerciale.
Une démarche née du quotidien plutôt que d’un plan d’affaires académique
Plutôt que de démarrer sur un business plan impeccable, Mojaya est le résultat d’un long travail informel commencé dès l’âge de 18 ans. Salma a appris à formuler, à observer l’évolution de ses cheveux et à affiner ses recettes sur la durée. Ce type d’approche, ancrée dans l’usage personnel, aide souvent à détecter de vrais besoins consommateurs mais exige ensuite de formaliser méthodologie et conformité pour devenir une marque.
Comment elle a procédé pour formuler ses soins
Ingrédients et philosophie de formulation
Les premières préparations ont été réalisées à la maison avec des matières comme l’hydrolat de rose de Damas, l’huile de lin, l’huile de dattier du désert, l’huile de figue de barbarie et le beurre de karité. L’objectif n’était pas seulement d’obtenir des effets visibles sur la fibre capillaire, mais aussi d’offrir une expérience sensorielle — texture, parfum et application — qui encourage un rituel de soin adapté aux cheveux texturés.

Tests pratiques et validation par le bouche-à-oreille
Les résultats personnels se sont traduits par des essais sur proches puis par des ventes locales, notamment à Toulouse. Ce retour direct a permis d’ajuster formulations et concentrations avant toute mise en production industrielle, une étape clé pour limiter les risques lors du scaling.
Financement et crédibilité : les obstacles concrets rencontrés
Lancer une gamme de cosmétiques implique des dépenses réparties entre formulation, premières séries de production, matières premières, packagings, identité visuelle et démarches administratives comme le dépôt de marque. La conception d’une formule seule peut coûter plusieurs milliers d’euros, et les besoins augmentent rapidement quand il faut produire des lots commerciaux. Pour Mojaya, des soutiens extérieurs ont été décisifs : un prix d’encouragement obtenu en 2025 et un prêt d’honneur via Initiative Châlons Champagne ont renforcé la crédibilité du dossier auprès des banques. La founder a aussi lancé une campagne de précommande en juin 2026 pour financer la première production tout en créant une première communauté d’acheteuses impliquées.

Quelles erreurs éviter quand on crée une marque de soins capillaires ?
- Sous-estimer la complexité réglementaire et ne pas se faire accompagner tôt par un expert.
- Choisir des prestataires sans vérifier antécédents et garanties de conformité.
- Passer trop vite du format maison à la production industrielle sans tests d’échelle.
- Négliger l’expérience sensorielle : toucher, parfum et facilité d’application comptent autant que l’efficacité.
Ambitions raisonnables et limites à garder en tête
Salma ambitionne de faire de Mojaya une référence nationale pour les femmes aux cheveux texturés et d’élargir l’offre vers le corps et les accessoires de beauté. Elle insiste cependant sur l’importance de la distribution physique — boutiques spécialisées, concept stores — pour permettre au public de toucher les textures et sentir les parfums. Cette stratégie demande des ressources et une montée en compétences graduelle, notamment en logistique, contrôle qualité et marketing sensoriel.
Le rôle de l’accompagnement réglementaire dans la réussite
Une rencontre marquante pour Mojaya a eu lieu en 2023 lors d’un concours animé par Chérine Maoui, spécialisée en réglementation cosmétique. Cet accompagnement a permis de structurer le projet et de mieux dialoguer avec les laboratoires. Pour toute marque naissante, prendre en compte la réglementation dès les premières étapes évite des retards coûteux et des ajustements forcés après coup.
FAQ
Comment financer une première production de cosmétique capillaire ?
Plusieurs leviers existent : concours et prix pour start-up, prêts d’honneur pour renforcer la crédibilité auprès des banques, campagnes de précommande pour mobiliser une communauté et autofinancement progressif selon l’échelle souhaitée.
Quels tests mener avant de produire en grandes quantités ?
Il faut valider la stabilité de la formule, les tests d’usage sur différents types de cheveux texturés, des essais d’emballage pour la conservation, et des tests réglementaires obligatoires selon la législation cosmétique locale.
Faut-il privilégier des ingrédients naturels pour les cheveux texturés ?
Les ingrédients d’origine naturelle comme le beurre de karité ou certaines huiles peuvent être bénéfiques, mais la priorité reste l’adéquation formulation/fonction et la compatibilité avec le cuir chevelu ; la naturalité seule ne garantit pas l’efficacité.
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